Gene Sharp

Gene Sharp (1928–2018) est l’un des grands penseurs contemporains de l’action non violente. Il l’a étudiée non seulement comme une valeur ou un idéal de paix, mais comme une véritable force capable d’agir sur les mécanismes du pouvoir.

Son idée centrale est d’une simplicité remarquable : aucun pouvoir ne tient seul. Même le plus autoritaire dépend de la coopération de milliers de personnes — citoyens, fonctionnaires, travailleurs, institutions, forces de l’ordre… Si cette coopération est progressivement retirée, le pouvoir perd une partie de ce qui lui permet d’exister.

À travers l’étude de nombreux mouvements historiques, Gene Sharp a ainsi répertorié 198 méthodes d’action non violente : manifestations symboliques, boycotts, grèves, désobéissance, non-coopération économique ou politique, création d’alternatives… Autant de manières de résister activement sans prendre les armes.

C’est peut-être là toute la profondeur de sa pensée : la non-violence n’est ni la passivité, ni l’absence de confrontation. Elle peut au contraire être une manière extrêmement déterminée de s’opposer à l’injustice, en refusant de reproduire la violence que l’on combat.

Son ouvrage De la dictature à la démocratie, traduit et diffusé dans de nombreux pays, est devenu une référence pour les mouvements de résistance civile.

Gene Sharp nous rappelle ainsi quelque chose d’essentiel : face à un système injuste, celui qui se croit impuissant possède parfois encore un pouvoir immense — celui de ne plus coopérer avec ce qui produit la violence.

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