Marshall Rosenberg est pour moi l’une des pièces maîtresses dans l’art d’aider les êtres humains à communiquer les uns avec les autres.
Psychologue américain et fondateur de la Communication NonViolente (CNV), il a consacré une grande partie de sa vie à comprendre ce qui, dans notre manière de parler et d’écouter, nous éloigne les uns des autres — et ce qui, au contraire, peut nous permettre de nous retrouver.
Ce qui me touche particulièrement chez lui est son incroyable capacité à revenir toujours à la simplicité des choses. Là où nous pouvons partir très loin, chercher des explications compliquées, interpréter les intentions de l’autre, nous perdre dans les reproches, les justifications ou les rapports de force, Rosenberg revient inlassablement à quelques questions fondamentales : Que s’est-il réellement passé ? Qu’est-ce que je ressens ? De quoi ai-je besoin ? Qu’est-ce que je peux demander à l’autre, concrètement, sans l’exiger ?
C’est le cœur de la CNV : distinguer l’observation du jugement, le sentiment de l’interprétation, le besoin de la stratégie, puis apprendre à formuler une demande claire qui laisse à l’autre sa liberté. Une structure apparemment très simple, mais qui demande en réalité une profonde honnêteté envers soi-même et une véritable qualité de présence à l’autre.
Rosenberg rappelait surtout que derrière nos colères, nos maladresses et parfois même nos violences se trouvent des besoins humains fondamentaux. Les reconnaître ne signifie pas tout accepter ni renoncer à poser des limites. Cela permet simplement de chercher, derrière ce qui nous oppose, l’endroit où nous pouvons à nouveau nous comprendre comme êtres humains.
Et puis Marshall Rosenberg était aussi un très bel humain : chaleureux, malicieux, pince-sans-rire, d’une simplicité désarmante. Au milieu d’une conférence, il pouvait prendre sa guitare et se mettre à chanter, sans cérémonie, quelques mots remplis d’humour, de paix et d’intelligence.

