Je m’intéresse à la justice restaurative parce qu’elle apporte à la justice une dimension profondément humaine, et même, à mes yeux, une dimension spirituelle au sens non religieux du terme. Elle ne s’intéresse pas seulement à l’acte commis et à la sanction qui peut en découler : elle s’intéresse aussi à ce qui se passe intérieurement chez les personnes concernées, à ce qui a été blessé, rompu, figé, et à la possibilité qu’un mouvement redevienne possible.
Elle offre à la victime un espace où sa parole peut être entendue, où ce qu’elle a vécu peut être reconnu, et où peut éventuellement s’amorcer un processus de pardon — non pas comme une obligation morale, ni comme une manière d’effacer ce qui s’est passé, mais comme une possibilité de se libérer intérieurement de ce qui continue à faire souffrir.
Mais ce qui m’intéresse tout autant, c’est ce qu’elle permet du côté de celui ou celle qui a commis l’acte. Reconnaître sa responsabilité est essentiel. Pourtant, reconnaître ce que l’on a fait ne devrait pas nécessairement signifier être condamné à devenir, à ses propres yeux comme à ceux des autres, uniquement « celui qui a fait cela ». Une personne ne se résume pas à son pire acte.
J’ai souvent observé quelque chose de paradoxal dans les relations humaines : lorsque l’on a blessé quelqu’un, même parfois involontairement, la culpabilité peut devenir si forte qu’elle empêche précisément d’aller vers l’autre. On ne parvient plus à se pardonner soi-même, et parce que l’on ne se pardonne pas, on devient parfois incapable de demander pardon. La honte enferme, là où la responsabilité devrait pouvoir remettre en mouvement.
C’est précisément là que la justice restaurative me paraît ouvrir un espace nouveau. Elle ne cherche pas à effacer la faute, mais à permettre qu’elle soit regardée, reconnue, traversée. Elle recrée les conditions d’un dialogue là où celui-ci semblait devenu impossible. Elle permet à chacun de retrouver une place humaine : à la victime, celle d’une personne qui ne se réduit pas à ce qu’elle a subi ; à l’auteur, celle d’une personne qui ne se réduit pas à ce qu’elle a commis.
Et peut-être est-ce cela qui me touche le plus dans cette approche : la possibilité de remettre en circulation quelque chose qui s’était arrêté — la parole, la reconnaissance, la responsabilité, parfois le pardon, et finalement une certaine énergie de vie.
NOTES (work in progress)
Les formes existantes
- La justice restaurative
- la justice transformative
- la résolution des différents
- la politique de l’amiable
Bénéfices
- apaisement
- reconciliation
- amélioration de l’image de soi
- sortie de la peur, de la culpabilité, de la honte
Conditions
- l’auteur de l’infraction doit reconnaître les faits
- l’auteur et la victime doivent être consentants
- c’est une démarche volontaire et libre et en tout temps elle peut être arrêtée
- en France, elle n’entraine aucune modification de la peine

